Mon combat contre les troubles alimentaires

L’anorexie, c’est un refus de changer, un ensemble de blessures qui sont très vives en soi et qui se ravivent avec les troubles alimentaires. J’ai été boulimique et anorexique, de 13 à 20 ans, puis mon anorexie s’est poursuivie jusqu’à 27 ans. Certains mois, mon poids était santé, d’autres, 20 livres en-dessous de ce seuil. Mis à part le manque de fonds pour manger correctement, je me serais mieux alimentée si je n’avais pas flambé mon argent en cigarettes. Ah! Ce pénible 6 mois de ma vie, à fumer mon paquet de du Maurier à 14 $ par jour... Pendant des mois, j’avais aussi une peau carrément acnéique, car mon corps manquait de vitamines et de protéines pour se reconstruire! Comme les anorexiques: je mangeais peu, et bougeait plus pour éviter de grossir! Mais j’appréciais beaucoup le sport en tant que tel, certes!

 

J’ai mis vingt ans à comprendre que ma mère ne m’adorait plus. Elle était trop concentrée à plaire à son nouveau conjoint. Profiter du gros salaire du futur mari de ma mère, façonnait une nouvelle personne en moi. J’étais incapable de voir qui j’étais, comme si mon film personnel s’était arrêté et que je n’étais désormais qu’une figurante. Je me suis éloignée de ma famille. Celle de mon père et de ma mère. Un homme inconnu, chez moi, me nourrissait, et je n’aimais pas ça, car mon père a toujours mieux cuisiné, et surtout, avec amour! Je ne ressentais pas ça à table, avec le nouvel amoureux de ma mère. Cette dernière ne faisait rien pour arrêter l’ambiance moqueuse et inconfortable qui y régnait, alors que moi, je le faisais assez bien avec mon humour. Mais ça ne me rendait pas mieux. J’ai donc dû partir définitivement. Avant ma psychose, j’avais refusé d’aller au bout de cette idée. Nier ce besoin est ce qui m’a donné envie de mourir en 2012. 7 ans plus tard, j’ai laissé tomber ces repas faussement conviviaux. Je travaille fort dans ma cuisine, et j’y ai ma place au moins, enfin!

 

En plus de toute cette énergie mauvaise, un soir, j’ai fait un rêve terrible. Je perdais toutes mes dents, qui devenaient de la poudre. J’ai eu tellement peur, j’ai été choquée de toute la violence que je faisais subir à mon corps. Je me suis fait un plan pour me sortir de ça. Vitamines A à E, manger jusqu’à ne plus avoir faim. Avoir un beau visage. Etc. Il est vrai que j’ai les moyens financiers depuis que je suis maman. Quand je m’exprime, c’est important, et c’est pas échangeable contre le silence ou un souper, dans lequel il n’y aura jamais la place que je mérite. Je ne fais plus de réserves de mon énergie, je mange beaucoup puisque je donne énormément de ma personne, et ainsi je respecte ma présence et son autorité! Et grand bien me fasse! 

 

Après cette coupure drastique, j’ai compris que physiquement, sinon spirituellement aussi, je suis plus grande que ma sœur et ma mère. Et qu’elles ne me le rappelleraient certainement pas! Je ne réalisais pas mes besoins caloriques, donc, je ne mangeais pas suffisamment; je n’avais pas un juste reflet de moi-même. La vérité est que je suis une artiste engagée, avec une personnalité hors-norme, rayonnante, exhaustive. Je suis Verseau; ce signe est un signe de communication, qui amène le changement aux règles sociales, c’est un signe de visionnaire! Et cette description me sied si bien! Beaucoup diraient plutôt que je suis la brebis noire. Mais, connaissez-vous ce terme plus spécifique qu’est être la porteuse d’ombre?

Vie

Life

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Biographie de l’auteure: Améthyste est une guerrière des mots, philosophe et bien dans ses chaussettes. Elle sait comment aider par l’écriture, et la musique est aussi une autre de ses pratiques. Elle a collaboré à deux sites de rédaction dont R-magazine en 2014 et 2015 et le coloriste.com en 2014 également. Elle travaille actuellement sur son blogue personnel à amethyste-yo.blogspot.com