Par Josyane St-Louis

N’avons-nous pas un Robert de Niro à l’intérieur de chacun de nous ?

Sincèrement, cette question me creuse la tête à la pelle carrée. Après que ma cervelle ait formé un trou béant, j’en déduis que mélanger Niro, ça fait noir. J’aurais aimé que ça fasse orange. Je reviens à mes fruits. C’est possible que nous ayons un peu de lui dans nos atomes puisqu’apparemment, chaque personne a un petit peu de tout le monde dans ses gênes. Pourquoi les gens veulent-ils ressembler à leur acteur ? On ne sait pas comment il se sent, c’est peut-être un psychopathe !  Peut-être qu’il est super anxieux et qu’il fait des crises d’angoisse tous les soirs. Moi, déjà que j’ai à gérer les miennes. L’existentialisme, c’est compliqué, mais si c’était simple ça serait moins amusant me semble.

J’ai déjà pensé me faire opérer pour rapprocher mes oreilles comme tous ces gens mutilés. Bonjour mimétisme ! Imiter et ressembler à nos idoles parce qu’ils sont supposément parfaits. Si Niro était un ramasseur de poubelles personne ne voudrait être comme lui. Juste parce qu’il est acteur, reconnu et qu’il est riche, plein de gens veulent lui ressembler. C’est comme les gens qui aimeraient avoir la voix de Céline Dion. Moi, je chante sous la pluie « Y pleut Y pleut bergère, rentre tes blancs nichons! Oups… moutons ! Bon sous la douche et SOUS LE VENT.  Je sais, elle est plate, non pas comme le mur, mais comme une tranche de pita. Pis t’a pognes-tu ?

 Il faudrait que je revienne à la question, mais j’ai vraiment envie de faire du camping avec ma chatte. Elle me protégerait des animaux sauvages qu’elle ferait fuir avec son crachat. Elle ne crache pas comme les lamas, quoi que ce soit étrange un lama avec une tête de chat. Elle cracherait dans les deux sens et non par les deux bouts là. SSHHHHH, PFFUIIII.

Je ne peux pas faire de feu dans mon salon, mais le four fera l’affaire pour griller mes guimauves et ses minouches. On partagerait ensuite nos secrets : « Tu sais, c’est moi qui ai renversé ta plante d’aloès quand tu croyais que c’était un fantôme. » Et de lui répondre : « Tu sais, c’est moi qui ai pris la décision de te faire opérer pour que tu deviennes stérile. » Je viens de lui dire : « C’est toi mon idole patate douce frite » en lui passant la main sur la tête et elle a roucoulé. Ça voulait sûrement dire : « moi aussi je t’aime maman. » Je n’ai pas accouché d’elle, mais elle est trop jeune pour que lui dise la vérité sur son existence.

Bref, je n’ai pas vraiment de vedettes à qui je voudrais ressembler. C’est plutôt à quelques personnes de mon entourage que je ne nommerai pas puisqu’ils se reconnaîtront. De toute façon, si le chapeau leur fait, ils vont le mettre. S’il ne leur fait pas, ils ont juste à faire comme les acteurs qui ne se cassent pas la tête avec une brique et un fanal : prendre le chapeau et payer pour l’agrandir ou le rapetisser pour qu’il fasse à leur tête. S’ils ne sont pas contents, ils ont juste à devenir Robert de Niro. « Je dis ça, mais j’dis rien. »

Opinions

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Biographie de l’auteure: Josyane est existentielle comme existe en elle un besoin de crier la transparence. En apparence, elle est parente avec le pesant univers où elle rit de l'étrange douleur, de l'absurde et du vertige, jusqu'à en faire écho. Trop de questions sans réponses, valent-t-elles la peine ?  La vie est un jeu ? Un carpe diem ? Un âme ? Un respire ?